Consultation sur fond de tension à la fac
Alors que la présidence de l'UPJV organise ce jeudi une nouvelle consultation sur la levée du blocage, les étudiants mobilisés poursuivent la bataille. Mercredi, ils ont enterré l'université.
Marbre gris et forêt de croix noires ou rouges... Une cinquantaine d'étudiants de l'UPJV ont transformé mercredi la place Gambetta, en plein cœur d'Amiens, en cimetière des étudiants.
Sur chacune des croix, un slogan : « Résistance », « diplôme de qualité », « fac pour tous », « éducation populaire »... Alexandre Boucher, étudiant en deuxième année d'histoire, procède à l'appel des morts avant de dénoncer « la privatisation des facs sur un modèle voulu par l'Europe ».
Confrontés à l'échéance des examens, les étudiants en lutte tentent une ultime offensive en direction de l'opinion publique. À l'heure où le gouvernement joue sur le désarroi des étudiants inquiets pour la validation de leur semestre et menace d'envoyer les CRS débloquer la vingtaine de sites encore perturbés.
Énième étape d'une mobilisation d'ores et déjà historique par sa durée, ou baroud d'honneur ? Hier, les étudiants présents avaient clairement conscience de vivre un tournant : « L'enjeu consiste à passer d'une mobilisation étudiante à la mobilisation des enseignants. Il faudra voir ce qui sortira de la prochaine coordination nationale ». Appel à ne pas organiser les examens, validation automatique du semestre... Aucun de ces cas de figure n'ira de soi, d'autant que les présidences d'universités menacent de ne pas valider les résultats.
L'UPJV n'échappe pas à la règle, et entend toujours organiser les examens à sa main, au mois de juin. Ce jeudi, la présidence organise d'ailleurs une consultation dans la halle des sports de Staps et à la fac d'art, où les étudiants voteront à bulletin secret, avec une liste d'émargement et sur présentation de la carte d'étudiant, pour ou contre la levée du blocage des deux sites paralysés.
Question : cette consultation aura-t-elle davantage de succès que celle organisée il y a quelques semaines sur Internet ?
Difficile à dire. Unique certitude, Georges Fauré, comme il l'avait promis, semble toujours privilégier une solution qui ne s'inscrirait pas dans le recours à la force publique. Probablement parce qu'il sait que le mal est profond, en particulier en sciences humaines, filière la plus menacée par les réformes en cours. Et que le blocage, même s'il est moins populaire qu'il y a un mois, ne peut pas être le seul fait « d'une poignée de gauchistes » comme le veut la terminologie sarkozienne.
Quoi qu'il en soit, la semaine à venir s'annonce bel et bien décisive pour l'avenir du mouvement mais aussi l'année en cours.
Textes et Photos : Courrier-picard.fr